


Article paru ici, le 17 juillet 2008
BELL ferme des boutiques Espace Bell, dont une récemment syndiquée
À peine ont-ils obtenu leur accréditation syndicale que les employés d'une boutique Espace Bell à Montréal ont eu la fâcheuse surprise d'apprendre que Bell les met à pied. Au Québec, quatre autres boutiques connaîtront le même sort.
Bell ferme cinq boutiques Espace Bell (une à Québec, une à Granby et trois à Montréal) mais c'est l'annonce de la fermeture de la première bannière Espace Bell à se syndiquer qui soulève le plus la colère du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP). C'est une «fermeture sauvage», «un geste tout simplement inadmissible», dénonce le syndicat.
«N'ayant pu contrer la syndicalisation de sa boutique, Bell décide de carrément la fermer. Ce comportement nous rappelle les cas vécus chez Wal-Mart», s'indigne Michel Ouimet, le vice-président exécutif du syndicat SCEP-Québec.
Le syndicat s'inquiète d'autant plus du virage que prend la nouvelle direction de BCE que son nouvel acquéreur Teachers est lui-même un syndicat représentant les enseignants de l'Ontario.
«Doit-on comprendre que dorénavant les lois du travail n'ont pas à être respectées? Teachers, n'existerait pas sans les enseignants et enseignantes de l'Ontario. Comment peut-il cautionner ce genre de stratégie?», demande le syndicaliste Ouimet.
Au printemps dernier, les six employés du magasin Espace Bell sur l'avenue du Mont-Royal avaient présenté une demande pour adhérer au SCEP, membre de la FTQ.
Bell s'était vivement opposée à la chose et voulait scinder en plusieurs unités l'accréditation syndicale de ses employés.
Cependant, la Commission des relations de travail a statué au début du mois que les représentants, coordonnateurs de services et techniciens de la boutique Bell seraient intégrés dans la même unité syndicale.
Réagissant aux commentaires du SCEP, le porte-parole de Bell, Jacques Bouchard, s'explique: "Il n'y a absolument aucun rapport avec la syndicalisation".
Il s'agirait plutôt de boutiques n'ayant pu atteindre les objectifs de ventes. Les projections n'étaient guère plus optimistes, ce qui a forcé Bell à prendre cette décision.
Pour ce qui est de la boutique de l'avenue Mont-Royal, Jacques Bouchard rappelle que Bell l'avait déménagée de la rue Papineau à Mont-Royal pour lui donner plus de visibilité et de meilleurs résultats, ce qui ne semble pas avoir été le cas.
Qu'importe les raisons, le SCEP consulte actuellement ses avocats pour voir comment il est possible de se «battre sur tous les fronts pour contrer les manœuvres de Bell».
Publié par Carine Salvi le jeudi 17 juillet 2008 à 10H33