Confrères, consœurs,                                                                                                                        2008/07/31

Malgré le fait que la période estivale bat son plein et que plusieurs d’entre vous, qui êtes en vacances, ne liront cette lettre qu’à leur retour, je pense qu’il est plus que temps de clore la polémique, concernant les négociations ainsi que les accusations sans fondement qui furent portées à mon endroit, et ce avant mon propre départ pour les vacances. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont depuis le dénouement de la négociation. Certains se diront soulagés, d’autres satisfaits mais d’autres sont toujours amers de la tournure des évènements, et je peux comprendre. Toutefois, dans un système démocratique la majorité l’emporte, comme ce fut le cas, le contrat ayant été accepté à un peu moins de 60 %.

J’aimerais, pour une ultime et dernière fois, clarifier ma prise de position ainsi que quelques points pour les personnes n’ayant pas assisté aux assemblées de ratification ou à l’assemblée spéciale du 20 juin et qui pourraient être en proie à toutes sortes de rumeurs sur le sujet. En tant qu’agent négociateur, je devais tenir compte de l’ensemble des préoccupations des membres et non seulement celles qui rejoignaient mes idéologies. Suite aux résultats de la première offre, soit un rejet à 88,27 %, j’ai senti que les boucliers s’élevaient et que les membres, en se ralliant face à l’employeur, étaient prêts à aller jusqu’au bout. Malheureusement, les résultats de la deuxième offre (rejet à 59,13 %) m’ont obligé ainsi que mes confrères agents négociateurs à faire face à une nouvelle réalité, soit que la possibilité d’un conflit de travail effritait peu à peu notre front commun (rapport de force baissant de 28 %). Malheureusement, ces résultats étant loin d’être confidentiels étaient aussi connus de l’employeur.

C’est donc dans cette optique que la troisième ronde de négociation, blitz d’une fin de semaine, s’est entamée. De notre côté, rien ne devait transparaître mais nous devions tout de même tenir compte de ces résultats dans notre stratégie. Suite à cette ronde éclair de négociation, la compagnie déposa une dernière offre contenant certaines améliorations. Un caucus regroupant des représentants des sections locales du Québec et de l’Ontario se réunit, et décida à 70 % non seulement de présenter l’offre mais de la recommander. Cette décision fut basée sur les explications et les arguments des agents négociateurs. De plus, il était convenu autant du côté de l’employeur que du côté syndical que si l’offre était rejetée à nouveau, un conflit de travail était automatiquement initié 72 heures suivant les résultats. Il était donc impératif de présenter cette offre aux membres même si elle contenait encore des concessions, puisque nous pouvions aboutir à un conflit de travail et que cette décision importante vous revenaient. Personnellement, je ne pensais pas que le contrat comblait nos attentes mais d’un autre côté, je savais qu’un très grand nombre d’entre nous, ne désirait pas entreprendre un conflit de travail. De plus pour faire un parallèle, j’aimerais vous rappeler que lors du conflit de 1999, des membres de la section locale avaient insisté pour voter sur une offre que le syndicat ne voulait pas présenter aux membres. Les dirigeants de la section locale à l’époque, s’étaient alors engagés de toujours faire en sorte que les offres vous soient présentées. Et, c’est l’engagement que j’ai maintenu en tant que président de la section locale 84Q. J’espère que ces explications dissiperont tout malentendu en ce qui a trait à la négociation.

Maintenant, concernant l’assemblée spéciale demandée par 50 membres de la section locale pour discuter de mes agissements et de mon intégrité en tant qu’agent négociateur et président. En réalité, cette assemblée avait plutôt été orchestrée dans le but de me destituer de mes fonctions. Donc, dès le début de l’assemblée, certains membres se sont présentés au micro afin de faire modifier l’ordre du jour en ce sens. J’ai pris le temps d’expliquer à ces membres les choix qui s’offraient à eux pour destituer un dirigeant : soit en portant des accusations fondées en bonne et due forme en vertu de l’article 17 des statuts du SCEP pour fautes commises ou lors des élections prévues tous les trois ans selon l’article 46 des statuts et règlements de la section locale. Malheureusement, suite à ces explications une partie des membres présents ont quittés, désabusés d’avoir mal été renseignés au préalable par certains au sujet du déroulement et du dénouement de cette réunion. J’ai été profondément affecté par tous ces agissements lors de l’assemblée ainsi que par toutes ces affirmations gratuites véhiculées ça et là à mon endroit. D’ailleurs, aucun des 50 signataires n’a, à ce jour, pris le temps de me contacter pour discuter de ses préoccupations sur le sujet.

Souvent, lorsque la colère s’empare de nous, les paroles peuvent dépasser notre pensée. Mais, cela n’excuse pas par contre la manière dont l’assemblée spéciale fut demandée, c’est-à-dire, en utilisant des mots qui atteignaient et entachaient ma réputation. C’est pourquoi, la seule solution qui s’offrait à moi à ce moment, était d’envoyer des mises en demeure aux 50 personnes qui avaient endossé cette démarche, les enjoignant à se rétracter. Après mûres réflexions, quelques nuits blanches et beaucoup de discussion avec mes proches, j’en suis venu à la conclusion que je ne porterais aucune accusation suite à ces événements. Je tiens à remercier les personnes qui ont bien voulu se rétracter de leurs propre chef, et non sous la contrainte, comme certains se plaisent à le véhiculer.

Je vous invite à l’avenir, comme plusieurs d’entre vous l’avez toujours fait, à communiquer directement avec moi pour toute question ou situation qui nécessiterait éclaircissement de ma part et permettrait ainsi d’éviter tout dérapage. En tant que président d’une section locale, et comme tout autre dirigeant de celle-ci, nous devons faire face à la critique mais je ne crois pas que des accusations personnelles et professionnelles doivent faire partie de notre quotidien.

Dès septembre, les activités normales de la section locale reprendront. Les membres du conseil syndical, auront à ce moment à se pencher sur la problématique de la section locale et faire en sorte de trouver des solutions afin de rectifier la situation, rétablir l’ordre et l’harmonie et ce tout en vous donnant un service impeccable comme toujours. 

Espérant vous revoir durant les activités automnales.

 Syndicalement,    

 

Alain Paradis

Président, SL84Q du Scep

85, De Castelnau ouest, 2ième étage

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H2R-2W3

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